Mémoire et identité, la frontière entre l’humain et la machine.
Les dossiers de l’Ecran : Post-humain : le scénario est-il déjà écrit ?
HAL 9000, Alpha 60, C-3PO, RoboCop… ces célèbres personnages de films annoncent dès leur appellation un caractère artificiel. Avec les prénoms de Maria (Metropolis), Rachael (Blade Runner) ou Ava (Ex Machina), l’identité trouble davantage les limites entre humain et machine. L’histoire du cinéma regorge d’exemples où la question de ce qui fait l’humain est posée, au regard des singularités sensibles de notre espèce, et de ses capacités à créer des outils pour augmenter ses performances.
Aujourd’hui, avec la perturbation des équilibres naturels, avec le développement des IA, les bouleversements s’accélèrent et confortent les courants de pensée comme l’Anthropocène et le Post-humanisme selon lesquels l’humanité a initié des mutations irréversibles.
Le réel a-t-il dépassé la (science-)fiction ?
Une programmation de 3 films pour interroger les mutations de notre condition.
Avec Alphaville, Ex Machina et Le Congrès, le cinéma explore différentes facettes de cette transformation : la déshumanisation d’une société soumise à la logique, l’émergence d’une intelligence artificielle autonome et la possibilité d’une existence détachée de son corps.
Ces trois œuvres nous invitent à interroger ce qui fonde notre humanité : notre conscience, notre capacité à éprouver des émotions, notre liberté, notre mémoire ou encore notre rapport au corps. Elles questionnent également les pouvoirs que nous confions aux technologies et les nouvelles formes de domination qu’elles peuvent engendrer.
Nous partagerons ces questionnements avec :
Joëlle Wintreberg
Depuis les années 70, Joëlle Wintrebert n’a jamais cessé de publier. À ses livres, romans, recueils, régulièrement réédités, se sont ajoutés de très nombreux articles, des préfaces, des traductions, des scénarios pour la télévision. Pour l’ensemble de sa carrière, elle a reçu récemment les prix Cyrano 2017, Extraordinaire des Utopiales 2021, Ayerdhal 2022. Depuis 2014, elle préside le Grand Prix de l’Imaginaire.
Anne-Marie Paquet-Deyris
Professeure d’études filmiques et sérielles anglophones à l’Université Paris Nanterre. Spécialiste du cinéma et des séries anglo-américaines contemporaines, elle a notamment codirigé plusieurs ouvrages consacrés au studio Hammer. En 2024, elle a enseigné le cinéma et les séries américains à l’Université du Texas à Austin. Elle travaille actuellement sur deux ouvrages consacrés au cinéma hollywoodien d’avant 1934.
Ariel Kyrou,
écrivain
Olivier Paquet
Ecrivain de science-fiction dont une partie de l’oeuvre se caractérise par une exploration intimiste et sociologique des intelligences artificielles. Dès son premier texte paru à la fin des années 90, il a abordé la question de la création par des machines. Dans Les Machines Fantômes (2019) et Composite (2022), publiés chez l’Atalante, il interroge la manière dont les IA s’infiltrent dans les vies ordinaires et les relations sociales. Les intelligences artificielles sont pour lui un moyen de penser la société et l’humain lorsqu’elles deviennent totalement intégrées à nos existences. Il a reçu le Grand Prix de l’Imaginaire pour son roman L’Ost céleste (chez l’Atalante), en 2025.
et Gilles Ménégaldo, maître de conférences
Professeur émérite de littérature et cinéma à l’université de Poitiers.
Fondateur et ancien directeur du département Arts du spectacle,
président d‘honneur de la SERCIA (Société d’études et de recherches
sur le cinéma anglophone).